DISSERTATION – CULTURE GENERALE 2

DISSERTATION – CULTURE GENERALE 2
Sujet: Quelles réflexions vous suggèrent cette opinion de Mia Doornaert :’’….des millions de gens ont atrocement souffert parce que plusieurs régimes successifs ont refusé d’admettre à temps, par fierté nationaliste ou idéologique mal placée, que leur pays avait un problème et d’accepter un débat public pour tenter de trouver des solutions.’’ ?
1GNONLONFOUN, E.F.A.F. J.M.
1ARS/SAR [email protected]
Année scolaire 2003 2004 Options littéraires

Introduction
Les crises généralement observées dans le monde sont d’origine économique, sociale ou politique. C’est certainement dans cet ordre d’idées concernant l’origine des crises humanitaires d’urgence que l’auteur affirme : ’’….des millions de gens ont atrocement souffert parce que plusieurs régimes successifs ont refusé d’admettre à temps, par fierté nationaliste ou idéologique mal placée, que leur pays avait un problème et d’accepter un débat public pour tenter de trouver des solutions.’’ Nous essayerons dans la suite de ce devoir de vous faire part des réflexions que cette opinion de l’auteur suscite en nous.

Développement
La souffrance d’un peuple se traduit souvent par la pauvreté, la misère, l’exclusion et la guerre. Lorsque des dispositions appropriées ne sont pas vite prises afin de les traiter, ces maux provoquent une souffrance qui va s’amplifiant. Or, on ne peut envisager des mesures alternatives que si les gens sont conscients de leur souffrance et désireux de l’éradiquer. Une fois ces conditions préliminaires remplies, il faut agir vite et bien. Mais c’est très souvent à ce niveau que les plus grosses difficultés, les plus gros problèmes apparaissent car ce domaine relève de la compétence des pouvoirs en place. Et c’est alors en fonction de la volonté imposée et de la vitesse imprimée par ces dernières que le travail s’effectue. C’est pour cela qu’on parle de volonté politique. C’est dire donc que si une population vit dans la pauvreté, elle est forcément à un moment ou à un autre consciente de son état. Du moment où elle ne le supporte plus et qu’elle souhaite ardemment en finir avec, des voix se lèveront pour souhaiter un débat public sur la question qui permette de déboucher sur des solutions pratiques pour en sortir. Mais si les autorités en place sont hostile à une telle procédure, la population s’enlise dans la misère jusqu’au moment ou violemment ou non, elle-même décide de son sort. Ce fut le cas dans plusieurs pays d’Afrique notamment au Bénin où la crise économique de la deuxième moitié des années 1980 battait son plein résultant en la banqueroute de l’état et en des mouvements sociaux jamais vus auparavant et qui malgré qu’ils soient réprimés dans le sang on perduré jusqu’à l’organisation de la conférence des forces vives de la nation pour que le pays retrouve une certaine stabilité économique et politique. L’ exemple du Japon de l’ère Meiji nous montre quant à lui que le débat collectif que suscite la population permet d’arriver sans heurts à la prospérité.

Conclusion
Nous pouvons donc dire, en conclusion, que le débat public contribue grandement à la bonne marche de la société. On pourrait donc suggérer que tout régime, de quelque nature qu’il soit, puisse mettre un accent particulier sur le débat public afin d’acquérir et de demeurer dans un état de paix et de prospérité permanente.

DISSERTATION – CULTURE GENERALE 1

DISSERTATION – CULTURE GENERALE 1
Sujet : Que pensez vous de cette déclaration extraite du Document d’information n°3 du Sommet Mondial pour le Développement Social (1993) : ‘’….afin de survivre, les entreprises privées devront délaisser le modèle fondé sur la recherche du profit maximal au bénéfice d’un modèle privilégiant la responsabilité sociale et l’obligation de rendre des comptes à la collectivité…’’ ?

1GNONLONFOUN, E.F.A.F. J.M.
1ARS/SAR [email protected]
Année scolaire 2003 2004 Options littéraires

Introduction
Depuis le XIXème siècle, le monde a vu s’éclore et se développer le règne du capitalisme sauvage où il n’y avait point de place pour l’individu ; peu d’entreprises ont réussi économiquement. Mais de nos jours, face à des exigences sociales plus accrues, les entreprises viables et à succès seront vraisemblablement celles qui pourront renverser la tendance en misant, dans leurs activités, sur la suprématie du social sur l’économique. C’est pour cela que les économistes ont surement pensé en 1993 qu’‘’….afin de survivre, les entreprises privées devront délaisser le modèle fondé sur la recherche du profit maximal au bénéfice d’un modèle privilégiant la responsabilité sociale et l’obligation de rendre des comptes à la collectivité…’’
Nous essaierons, dans la suite du présent devoir, de donner les arguments et autres illustration qui confortent cette thèse.

Développement
Les entreprises qui ont réussi d’une certaine façon à traverser sans trop d’encombres les diverses crises successives qui sont survenues avant 1993 étaient celles qui visaient et qui réalisaient le maximum de profits et bénéfices au mépris du volet social. Mais aujourd’hui, cette tendance est vouée à l’échec. En effet, face aux misères des travailleurs et des populations, nul ne peut rester indifférent. Il s’agit maintenant pour les entreprises de régler le problème du chômage par des emplois vraiment productifs. Il s’avère nécessaire pour elles d’intégrer de réelles politiques sociales à leur politique économique.
Et ce sont seulement celles qui privilégient le volet social qui pourront éventuellement bénéficier des aides du gouvernement de la part du gouvernement en cas de problèmes. La question de la responsabilité sociale devra donc être l’œuvre des organisations non gouverne mentales autant que des entreprises. C’est pourquoi les entreprises utilisant une grande main d’œuvre sont soutenues de toute part. Leur échec entraine un énorme scandale social comme ce fut le cas du Crédit Lyonnais en France en 1995, de grandes banques aux Etats-Unis dans les années 2000 et surtout comme ce fut les cas des sociétés béninoises telles que la BCB, la SONICOG, l’OCBN, etc.
En outre, les entreprises devront aussi assurer leur développement économique individuel, lequel contribuera à celui général. Si elles veulent prospérer, alors, elles se doivent de servir les populations. La règle est donc devenue aujourd’hui : Entreprise forte et viable est synonyme de primauté du social ; l’individu étant désormais le centre des préoccupations.

Conclusion
Pour que le XXIe siècle soit un siècle heureux et doux, il faut une réelle humanisation des entreprises.

Influences de l’internet sur les comportements sexuels des jeunes au Benin : cas des jeunes de l’arrondissement de Godomey

Influences de l’internet sur les comportements sexuels des jeunes au Benin : cas des jeunes de l’arrondissement de Godomey
GNONLONFOUN, M.M. C. P., GNONLONFOUN, E.F.A.F. J.M.
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To cite this article: GNONLONFOUN, M.M. C. P., GNONLONFOUN, E.F.A.F. J.M. (2007) Influences de l’internet sur les comportements sexuels des jeunes au Benin : cas des jeunes de l’arrondissement de Godomey. Available online at : http://benineflstudies.edublogs.org/

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Résumé
La sexualité qui autrefois était considérée comme un sujet tabou semble aujourd’hui être démystifiée en Afrique. La majorité des parents, premiers éducateurs des enfants sur le sujet de la sexualité, consacrent plus de temps à la sphère public qu’à celle familiale du fait de la cherté de la vie. Laissés à eux-mêmes, les jeunes imitent ou copient les modèles autres que ceux des parents trouvés ailleurs : la rue et l’Internet. De l’Internet, ils reçoivent un flot impressionnant d’informations et de messages notamment sur le sexe qui ne sont pas toujours vrais et qu’ils n’arrivent pas toujours à exploiter. Les conséquences directes et/ou indirectes de ces paroles, images et autres renseignements « utiles » et « branchés » qu’ils reçoivent très facilement s’observent surtout au niveau de leurs comportement sur le pan sexuel : réduction significative de l’âge du premier rapport sexuel ( 10-12 ans pour les garçons et 9-14 ans pour les filles) ; croissance exponentielle des avortements; nombre élevé de filles mères ; grossesses non désirées ; relâchement au niveau du langage ; vagabondage ; disparition du mythe de la virginité ; l’acte sexuel est devenu un jeu ; le sexe un jouet et un « moyen » de réussite ; adolescents à multiples partenaires sexuels… Nous assistons ainsi à un problème de perte de nos valeurs ; à une acculturation.

Introduction

La sexualité est un domaine qui a longtemps attiré l’attention des Sociologues, des Anthropologues et des Démographes. Cette attention particulière résulte des relations unifiées entre l’éducation sexuelle et comportements sexuels.
Au Bénin, l’éducation traditionnelle ne banalise pas la sexualité qui était considérée comme un sujet tabou dont on ne parlait presque pas ouvertement.
Aujourd’hui, nous vivons dans un univers où la mondialisation permet aux jeunes de s’approcher du sexe et de tout ce qu y touche. C’est ainsi que les médias et surtout l’Internet offrent aux jeunes toutes sortes d’informations et surtout celles que les parents jugent « tabou ».
Face à l’Internet, les jeunes inexpérimentés et avides se trouvent au milieu de cultures opposées et portent leur choix sur celles qui semblent faciles et avantageuses. Leur ignorance et leur immaturité font que face aux informations reçues, ils sont exposés à un mélange où ils n’arrivent pas à faire preuve de discernement.
Cette étude s’intéresse en particulier aux influences de l’Internet sur le comportement sexuel des jeunes dans l’Arrondissement de Godomey.

I- GENERALITES

1- Problématique et cadre d’étude

-Problématique

Dans la société traditionnelle africaine, le respect des aînés est important. Les parents avaient des relations avec les enfants ; les aînés avec les cadets ou les adultes en général avec les jeunes. Les premiers sont ceux-là qui se chargent de les éduquer et de leur apprendre les rôles, les comportements et attitudes liés à la vie en société (Durkheim, 1992). Les enfants entrent d’abord dans la sphère maternelle. Vient ensuite leur entrée dans le milieu plus élargi de la grande famille où les enfants de la classe précédente prennent une importance pour lui, et leur initiation aux rites, qui ont pour fonction de les faire évoluer, non dans leur comportement, leur intelligence ou leur affectivité, mais dans leur essence même, pour les faire passer de l’état de nature à celui de culture et de les mener à leur véritable destinée, à leur épanouissement (Gauthier, 1973).
L’éducation de l’enfant se fait dans la société à l’aide des contes, des proverbes, des maximes, des sentences… utilisés pour justifier telle manière de procéder, ou telle convention et au travers desquels on devine l’existence d’un projet pédagogique, d’un véritable philosophie de l’éducation (Mbarga , 1991). Les normes et les valeurs de la société inculquées à l’enfant portent souvent sur l’honneur (pour la famille et pour lui), la pudeur, le respect de soi-même, etc. Dans le domaine de la sexualité, les valeurs comme la responsabilité, la chasteté, la virginité, la tolérance et la maîtrise de soi dans le futur ménage leur sont enseignées. Elles sont davantage adressées aux jeunes filles qu’aux jeunes garçons. Pour ces derniers, on insiste surtout sur le sens et l’importance de la responsabilité afin d’en faire des êtres capables de s’assumer afin de contribuer à la reproduction et à la perpétuation.
Dans la société actuelle, contrairement à la précédente, les jeunes semblent pressés de vouloir dépasser cette étape de la façon dont les parents veulent les éduquer (Caldwell et al, 1991 ; Diop, 1995). Lorsque l’éducation sexuelle manque à la maison, à l’école ou à l’église, les jeunes essaient de la recevoir ailleurs : la rue et les cybercafés. Du fait de l’indisponibilité des parents à échanger sur le sujet, ils se tournent vers d’autres sources d’informations que sont souvent les camarades, la rue et surtout l’internet où ils ne peuvent bien faire le tri. C’est ainsi qu’à Godomey, les jeunes prennent tout ce que l’internet leur offre comme vérité absolue oubliant les conséquences probables sur les plans mental, comportemental et affectif.
C’est précisément ce qui fera l’objet de notre étude à savoir : Quelle est l’influence de l’internet sur le comportement sexuel des jeunes dans l’Arrondissement de Godomey ?

En effet, Godomey est un Arrondissement de la commune d’Abomey-Calavi, département de l’Atlantique au Bénin. Sa population est majoritairement jeune (56.4%, RPH-3). En matière de sexualité, les jeunes sont sous informés et cela pour plusieurs raisons : absence de centre d’éducation sociale, indisponibilité des parents. De ce fait, les jeunes se tournent vers l’internet pour copier ce qu’ils regardent. Nous assistons à de nombreux cas de grossesses précoces. Aussi, en matière de sexualité, les jeunes semblent oublier qu’ils prennent des risques qui peuvent leur être préjudiciables.
Face à de telles situations, les aînés ont le devoir de sauver la génération montante qui représente l’avenir de demain. Il faut donc veiller à l’éducation sexuelle des jeunes afin de leur permettre d’éviter un certain nombre de problèmes.

1- Hypothèses de recherche

Les hypothèses en rapport avec le comportement sexuel des jeunes et testées dans cette étude sont les suivantes :
a- L’indisponibilité des parents pousse les jeunes vers d’autres sources d’informations sur la sexualité, la principale étant l’internet.
b- Les jeunes de Godomey vont surtout visiter les sites de rencontre et/ou pornographique.
c- Les comportements sexuels des jeunes de Godomey sont le reflet des images, sons et autres informations des sites qu’ils vont consulter.

2- Objectifs

L’objectif général de notre étude est d’étudier l’influence de l’internet sur le comportement sexuel des jeunes de l’Arrondissement de Godomey. Pour cerner cette relation, nous nous sommes fixés comme objectif intermédiaire de mettre en exergue la responsabilité des parents dans l’éducation sexuelle des jeunes, d’identifier les différents usages de l’internet par les jeunes et d’apprécier les implications de l’internet sur les comportements sexuels des jeunes à Godomey.

3- Clarification conceptuelle

Une meilleure compréhension de notre étude passe par la clarification que nous avons donnée aux concepts en relation avec notre thème.

Comportement et comportement sexuel
Le comportement est un ensemble de réactions objectivement observables auprès d’un individu. Le comportement sexuel est défini comme l’ensemble des actes qui permettent le rapprochement de deux partenaires et leur accouplement. Le comportement sexuel ne se réduit pas à la copulation. L’accouplement est précédé de préliminaires : recherche du partenaire, cour, jeux, contacts et stimulations réciproques.
Le comportement sexuel est régi par des facteurs internes et externes, intégrés au cour du développement de l’individu et lors de l’actualisation des comportements par le système nerveux central. Chez les jeunes, les hormones mâle et femelles jouent un rôle activateur en élevant la réactivité des structures nerveuses qui contrôlent l’expression des comportements.

L’internet ou les médias
Ce concept renvoie aux moyens qu’ont les jeunes au sein de leurs familles d’être informés sur certains sujets relatifs à la santé. A Godomey, ils défavorisent l’éducation sexuelle donnée dans le cadre familial et contribuent au relâchement des mœurs dans le domaine de la sexualité. Nous nous sommes intéressés à la disponibilité des cybercafés dans l’Arrondissement et à leur accessibilité aux jeunes. Le nombre élevé de ces « centres de recherche » nous a permis d’analyser l’influence de l’internet sur les jeunes de cet Arrondissement.

Jeune et influence
Nous définissons les jeunes comme une catégorie de personnes dont l’âge est de 12 à 20 ans pour les filles et de 12 à 24 ans pour les garçons ; l’influence comme l’action exercée par l’Internet (objet de notre étude) sur une catégorie de personnes, en l’occurrence, les jeunes de Godomey.

4- Revue de littérature

Dans le cadre de notre étude, nous avons fondé notre analyse sur certains auteurs dont il serait utile de donner les positions de quelques uns sur les notions d’« éducation » et d’éducation sexuelle » ainsi que le rôle des médias dans cette éducation.
En effet, l’œuvre de Durkheim (1922) est essentielle en sociologie de l’éducation. Cet auteur affirme que l’éducation est un fait social : « Chaque société considérée à un moment déterminé de son développement, a un système éducatif qui s’impose aux individus avec une force généralement irréversible ». L’éducation ne peut donc pas être définie dans l’absolu, elle varie d’une époque à l’autre au cours de l’histoire et d’un groupe social à l’autre au sein de chaque société.
Ainsi, pour Durkheim, « l’éducation est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale. Elle a pour objet de susciter et de développer chez l’enfant un certain nombre d’états physiques, intellectuels et moraux que réclame de lui la société politique dans son ensemble et le milieu spécial auquel il est particulièrement destiné ».
Cette définition fait l’objet de critique car elle met unilatéralement l’accent sur l’adaptation des individus aux attentes de la société. Aussi, la plupart des adultes n’ont plus tellement de temps à consacrer à la transmission des valeurs éducatives aux jeunes. Ces derniers sont obligés de recourir à d’autres sources d’informations, en particulier, l’internet pour s’éduquer. Surtout, en ce qui concerne l’éducation sexuelle que Gauthier (1973) définit comme « une sorte d’apprentissage muet parce que par cet apprentissage, l’enfant acquiert les attitudes et comportements face à la sexualité comme face à son sexe ; il apprend les rôles de garçon ou de fille que la société lui trace, et peut être plus profondément encore, il fabrique sa propre identité sexuelle ».
Cet apprentissage « muet » comme il le dit permet à l’enfant d’acquérir les attitudes et comportements inhérents à la sexualité n’a lieu que d’abord et avant tout dans le cercle restreint de la famille. Les parents étant les premiers modèles à copier. Mais là se pose le problème : ces derniers n’ont plus le temps de rester avec leurs enfants, tant ils sont préoccupes d’assurer la satisfaction des besoins fondamentaux. Ce rôle fondamental qu’ils doivent jouer dans l’acquisition des normes sexuelles chez leurs enfants, ils ne le jouent plus. Même dans les foyers où la communication a lieu, elle est minimale et rare la plupart du temps et surtout entre la mère et les enfants et presque jamais entre papa et les enfants (Ndjengoue 2002-2003) la sexualité étant un sujet tabou.
Les camarades étant eux aussi mal informés, ne peuvent que prodiguer de mauvais conseils. Le dernier recours devient les mass media. A ce niveau, une étude sur l’influence de la télévision sur les jeunes avait été faite (Gnonlonfoun, 2007). Mais au-delà des limites méthodologiques, cette étude en terme fondamentales n’avait aucun rapport avec le comportement et ni avec le comportement sexuel des jeunes, en dépit de ses limites.
Eu égard à ceci, il est évident que la révolution numérique, l’internet et son influence sur le comportement sexuel des jeunes n’ont pas été étudié. Ce qui explique le quasi inexistence de travaux sur ce thème. C’est pour essayer quelque peu de combler ce vide que nous avons choisi ce thème précis et d’actualité dont la méthodologie de recherche fera l’objet du point suivant.
II-METHODOLOGIE

a- Cadre de l’étude

Dans le cadre de notre étude, l’Arrondissement de Godomey a été choisi. En effet, c’est un Arrondissement qui fournit la plus grande recette en matière de fiscalité et abrite le plus grand nombre d’habitant au Bénin. Il est situé dans la commune d’Abomey-Calavi et est limité au Nord par l’Arrondissement de Togba, l’arrondissement de Ouedo et l’arrondissement de Hêvié; au Sud par l’Océan Atlantique ; à l’Est par la commune de Cotonou et le Lac Nokoué; et à l’Ouest par la commune de Ouidah. Composé de huit villages : Salamey, Ylomahuto, Wlacomey, Togoudo, Dekungbé, Togbin, Cocotomey et Cococodji, cet arrondissement a une population d’environ 213.145 habitants (RGPH0-3). L’arrondissement de Godomey regroupe quatre ethnies : Fon, Goun, Adja et Aîzo. L’ethnie fon est majoritaire. Ces peuples pratiquent la religion traditionnelle et le christianisme. Ils vivent surtout du commerce et s’adonnent à d’autres activités telles que : l’agriculture, le petit artisanat, la transformation des produits agricoles, etc.

b- Nature de l’étude

L’étude a combiné l’approche quantitative et l’approche qualitative. L’approche quantitative a consisté à l’administration d’un questionnaire à un échantillon représentatif des jeunes. Ces données ont été complétées par les données qualitatives.
L’approche qualitative, quant à elle, a privilégié l’observation directe prolongée dans le temps et soutenue grâce à l’interaction entre les observés et nous. Elle a eu aussi recours aux récits de vie et aux entretiens individuels. Les récits ont été recueillis auprès de vingt jeunes à qui nous avons demandé de nous parler de l’influence de l’Internet sur leurs comportements sexuels. Les entretiens individuels ont consisté en des conversations avec dix parents. Ces entretiens étaient centrés autour de deux principaux points à savoir : La perception des déviances liés à la sexualité et la gestion de ces déviances.

c- Durée de l’étude

Nous avons commencé notre travail dans le mois de Novembre 2007. Le déroulement et la durée de l’étude sont schématisés dans le tableau ci-dessous :

d- Groupes cibles et échantillonnages

▪ Groupes cibles
Afin d’étudier l’influence de l’internet sur le comportement sexuel des jeunes dans l’arrondissement de Godomey, nous avons ciblé quatre groupes d’acteurs à savoir : les jeunes élèves ; les parents ; les éducateurs et les gérants de cybercafés.
Les jeunes ont été choisi car ils sont les premiers et les plus concernés par notre travail ; les parents, car ils sont les premiers éducateurs des jeunes; les éducateurs parce que c’est avec eux que les jeunes passent plus de temps ; les gérants de cybercafés car ce sont eux qui sont chargés de contrôler les sites et informations que consultent les jeunes dans leurs centres.
▪ Echantillonnage

Parlant de l’objet des techniques d’échantillonnages, Quivy et Van Campenhoudt (1995 :62) cités par Njengoue (2003 :52) rappelle que : « les techniques d’échantillonnage ont toutes pour objet le choix, dans une population définie que l’on veut décrire, un certain nombre d’élément qui devront présenter les même caractéristiques que la population mère ». L’échantillon est donc le récépissé de la population mère, il a les mêmes caractéristiques. Pour construire un échantillon qui soit représentatif, Rossi propose qu’ «on procède soit par un tirage aléatoire, soit par un contrôle de certains critères » (Rossi, 1987 :27). Dans cette optique, la représentativité de l’échantillon des jeunes au terme de l’étude a été effectuée par un tirage au hasard afin de rendre autant que possible cet échantillon probabiliste.
Ne connaissant pas au départ l’effectif total des jeunes de l’arrondissement de Godomey, nous n’avons pu nous limité qu’à 90 sujets inégalement repartis sur l’étendue de l’arrondissement de Godomey. Nous avons choisi les lieux d’étude en tenant compte des différentes classes sociales, des zones de forte densité et de la diversité culturelle de l’arrondissement.

d- Techniques et outils de collecte des données

Dans le cadre de notre étude, nous avons eu recours aux techniques de recherche documentaire afin de nous imprégner de l’existant qui se trouve être dans les livres, les articles et sur des sites web. Les récits et les entretiens nous ont également permis de collecter des informations utiles. En ce qui concerne les outils, nous avons conçu une grille d’observation ; un guide d’entretien un questionnaire et des fiches de lectures pour collecter les informations dont nous avions besoin.

e- Techniques de traitement et d’analyse des données

Pour le traitement et l’analyse des données quantitatives, nous avons eu recours à un traitement mécanique et utilisé les statistiques descriptives. En ce qui concerne les données qualitatives, elles ont fait l’objet d’un traitement manuel.

f- Difficultés et limites
▪ Difficultés

Dans le cadre de notre étude, nous avons rencontré des difficultés non négligeables qu’il convient de citer :
La première est liée à la nature du sujet : en effet, vu le caractère privé de notre thème, nous avons difficilement pu avoir un échantillon. Aussi, compte tenue de la période que nous avons choisi pour faire les entretiens et observations, les jeunes enquêtés sont souvent dans les écoles, rendant difficile l’accomplissement de notre travail.
La seconde difficulté est liée à la délimitation spatiale et temporelle de notre cadre d’étude compte tenue du fait que l’arrondissement de Godomey que nous avons choisi est composé de huit grands villages.
Aussi, nous avons rencontré des difficultés par rapport à la pratique de terrain. Nous avons prévu enquêté un échantillon de 150 jeunes. Mais en réalité, nous n’avons pas pu enquêter la moitié à cause de l’inexistence de groupes cibles, du refus d’utilisation des données par certains acteurs, du manque de moyens financiers pour les frais de traitement de nos données.

▪ Limites

Cette étude n’a pas du tout la prétention d’avoir totalement atteint les objectifs qu’elle s’était fixée. Certains d’entre eux mériteraient de faire dans l’avenir l’objet des recherches beaucoup plus approfondies. En effet, compte tenu de la faiblesse de la taille de l’échantillon des données utilisées et de l’importance du sexe dans la différenciation des comportements sexuels des jeunes, la bonne compréhension des résultats de cette étude gagnerait à être retenue par des études de grande portée quantitative et qualitative. Elles permettraient d’approfondir nos résultats, de mieux cerner et d’interpréter les comportements sexuels particuliers des jeunes.

III- PRESENTATION ANALYTIQUE DES RESULTATS

L’enquête réalisée sur un échantillon assez restreint n’est pas représentative de l’ensemble de la population des jeunes de Godomey. Il s’agit plutôt d’une étude exploratoire menée auprès de 90 jeunes de Godomey. Elle a permis de se rendre à l’évidence de ce qui suit :

•La précarité de la vie fait que les parents ne sont pas toujours disponibles à la maison. Ils préfèrent « courir » pour la satisfaction des besoins matériels et financiers de la famille. Et cette absence des parents fait que les jeunes ne reçoivent plus une éducation sexuelle. C’est l’absence de cette éducation sexuelle provenant des parents qui est relevée au cours de cette étude comme la principale cause de l’inaptitude des jeunes à maîtriser leur sexualité. Selon les informations recueillies au cours de nos discussions, lorsqu’il existe une bonne coopération entre les parents et les jeunes, ces derniers ont une bonne maîtrise de leur comportement sexuel.
Dans la quête d’informations sur la physiologie de l’appareil génital et de la santé reproductive, les jeunes ont pour principale source d’information l’internet.
Les analyses effectuées nous ont permis d’observer que c’est l’activité économique des parents qui est la variable agissante surtout négativement sur la communication entre ces derniers et leurs enfants dans le domaine de la sexualité. Ce sont les agriculteurs, les commerçants ou ouvriers qui n’ont pas une communication franche et bonne avec leurs enfants. La première hypothèse relative à l’indisponibilité des parents est donc vérifiée.

•Lors du dépouillement de nos résultats, nous avons constaté qu’un jeune sur dix a déclaré ne pas aller aux cybercafés ; deux jeunes sur dix ont déclaré aller au cybercafé pour consulter des sites de recherches et sept jeunes sur dix vont consulter régulièrement des sites de rencontres et/ou pornographiques et aiment les messages « spams » envoyés par des correspondants trouvés sur des sites de rencontres. Aussi, notons que les jeunes de 15 à 22 ans sont les plus fréquents dans les cybercafés. Les gérants de ces centres ne contrôlent pas les jeunes quand ils s’adonnent à de pareilles tâches. Bien que dans la plupart des cybercafés de Godomey se trouvent des affiches interdisant la consultation des sites pornographiques, on assiste à une absence de rigueur des gérants. Les jeunes y vont avec une liberté totale. Notons que les filles y vont de façon spécifique pour aller consulter les messages images « spams » à elles envoyés par leurs camarades garçons et filles. Les garçons sont les plus actifs.
L’internet, au lieu d’être un outil de recherche dans le cadre scolaire se trouve être un outil de « dépravation » des jeunes sur le plan sexuel. Notre seconde hypothèse se trouve être vérifiée car les jeunes de Godomey vont visiter les sites de rencontres et/ou pornographiques.

•La fréquentation des cybercafés par les jeunes influence significativement leur sexualité et par là leur comportement sexuel. Les images qu’ils regardent sur les sites restent gravées dans leur mémoire. Ils n’arrivent donc pas à s’en débarrasser. Leur objectif est donc de mettre en pratique tout ce qu’ils observent. De ce fait, non seulement qu’ils changent d’habitudes, mais aussi leur comportement change : la troisième hypothèse se trouve vérifiée. Les comportements sexuels des jeunes sont le reflet des images, sons et autres informations des sites qu’ils vont consulter.

IV SUGGESTIONS

Avec la mondialisation, les attitudes, les comportements et les conduites des jeunes ont radicalement changé. Sur le plan de la sexualité, le changement de comportement est remarquable. Le sexe est devenu l’une des principales préoccupations. Dans tous les milieux des jeunes, il est question de sexe. La sexualité est devenue vulgaire. Les rues et les chambres abondent d’images pornographiques. L’internet diffuse des images, des films érotiques d’une manière abondante. La prostitution, le vagabondage sexuel, les aberrations et perversions sexuelles sont pratiqués par les idoles, les modèles des jeunes. Les vêtements, langages, attitudes et comportement des jeunes sont sexistes. Il faut que tout le monde fasse son bain de conscience. Les gouvernements doivent interdirent certaines attitudes, pratiques et comportements qui placent les jeunes en permanence dans un état de préparation favorable aux rapports sexuels. Les mass médias doivent sélectionner, contrôler et élaborer leurs programmes en fonction des difficultés sexuelles des jeunes. Nous devrions savoir que l’Afrique en générale et le Bénin en particulier traversent une période transitoire, où le tabou est en train d’être levé sur la sexualité. Tous les parents ne sont pas prêts à apporter une éducation sexuelle à leurs enfants. Dans un environnement hyper- sexiste comme c’est le cas aujourd’hui, il serait difficile que les jeunes privés d’éducation à la sexualité, à la maîtrise de soi, réussissent leur vie sexuelle.

Conclusion

L’étude de l’influence de l’internet sur le comportement sexuel des jeunes dans l’arrondissement de Godomey nous a permis de mieux appréhender la question de l’éducation sexuelle.
Les résultats de l’impasse de l’éducation sexuelle actuelle, où un enfant non éduqué est soumis aux dépravations d’un monde déboussolé avec les spectacles des trottoirs, des cinémas, de la télévision et de l’internet est la génération d’une perversion par l’absence d’éducation qui se manifeste dans tous les milieux, les pays, les continents. Les problèmes sexuels des années antérieures nous ont montrés le péril dans lequel se trouve la jeunesse sexuellement active.
Nous avons dès lors essayer de proposer des solutions pour parer au plus pressé à cette dépravation sexuelle des jeunes au Bénin en général et à Godomey en particulier.

Références

♠ Crozier M. et Friedberg E., L’acteur et le système. Les contraintes de l’action collective, Seuil, 1981.
♠ Durkheim E. « Education et sociologie », 1922.
♠ Gauthier G. « Les notions de l’éducation sexuelle », 1973.
♠ Ndjengoue Ngamaleu H. R. « Individuation et perception d’auto efficacité chez les étudiants leaders », Université de Yaoundé I, Mémoire de D.E.A. 2002/2003.
♠ Quivy R. et Van Campenhoudt L., Manuel de recherche en sciences sociales, Paris : Dunod, 1995.
♠ Rocher G. Le changement social, Paris : Dunod. 1968.
♠ Rossi J.P. et al. La méthode expérimentale en psychologie, Paris : Dunod. 1989.
♠ Rwenge, M. « Facteurs contextuels des comportements sexuels : Les cas des jeunes de la ville de Bamenda », in Programme des petites subventions de l’UEDA, n°40, octobre 1999.

Les Funérailles dispendieuses au Bénin: Cas de la Commune D’Abomey-Calavi

Les Funérailles dispendieuses au Bénin: Cas de la Commune D’Abomey-Calavi
AGBAETOU, O.I. G.a, GNONLONFOUN, E.F.A.F. J.M.b
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bARS/SAR [email protected]
To cite this article: AGBAETOU, O.I.G., GNONLONFOUN, E.F.A.F. J.M. (2008) Les Funérailles dispendieuses au Bénin: Cas de la Commune D’Abomey-Calavi. Available online at : http://benineflstudies.edublogs.org/
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Résumé
L’objectif principal de la présente étude est de dégager les raisons sociales et culturelles liées aux folles dépenses engagées par les gens lors des cérémonies funéraires. Pour ce faire, des entretiens semi directifs ont été effectués dans la commune d’Abomey-calavi sur une période de 60 jours. Ils ont concernés au total 55 personnes choisies en tenant compte du fait qu’il doit y avoir plus d’autochtones que d’étrangers. Les résultats ont montré que, de nos jours, le caractère symbolique des funérailles a laissé place au matérialisme et à l’ostentation. Les déviations observées dans l’exécution des funérailles de nos jours rendent compte elles –mêmes de leur caractère appauvrissant au triple plan social, économique et culturel : endettement infructueux, dissociation et dislocation familiale, déculturation. Plutôt que de contribuer à relever le niveau de vie des populations et le partage des valeurs universelles africaines, les funérailles, sous leur forme exhibitionniste actuelle, sont devenues des facteurs de sous-développement. Les industries de la mort et autres entreprises mortuaires sont devenues très florissantes. Il y a de justes raisons de s’inquiéter que la tendance aux dépenses excessives lors des décès et cérémonies funéraires se poursuive et même se renforce en ce XXIe siècle, vu que ces entreprises innovent chaque jour dans le luxe et les somptuosités. Il faudra donc tenir compte de cette donne fondamentale et des résistances que ces entreprises et leurs initiateurs opposeront à toute tentative de limitation et/ou de réduction drastique des profits qu’ils réalisent actuellement au nom des idéaux du capitalisme sauvage.
Mots clés : funérailles ostentatoires, sous-développement, Abomey-Calavi (Bénin).
INTRODUCTION
La question de la mort préoccupe plus d’un aujourd’hui. En effet, on se pose beaucoup de questions au sujet de la mort. On a pu entendre cette réplique dans une chanson populaire : « le pays des morts, comment est ce pays ? Je ne saurai vous le dire. Le père ne peut le dire à son fils !quand il faudra y aller, qui aura-t-il pour vous retenir ? La mère y va laissant son enfant au berceau. S’il ne saurait y avoir des raisons pour nous retenir, pourquoi donc cherchez-vous à éviter la mort ?». La question de la mort concerne donc tout le monde. Quand elle intervient, elle constitue pour certains seulement un sujet de deuil. Pour d’autres, la mort est cause de diverses manifestations.
La mort suppose l’existence d’un autre monde qu’on ne voit pas, un monde invisible. En Afrique, en général et au Bénin en particulier, beaucoup de rituels sont organisés pour accompagner le défunt dans ce monde invisible. On dirait que dans la mentalité africaine, le monde visible et celui invisible participent conjointement de l’ordre du réel. On pourrait même dire que pour l’africain en général et pour le béninois en particulier, l’univers invisible transcende l’univers visible. Pour Bamunoba & Adoukonou (1979), la mort est un terrain, un monde intermédiaire qui « se situe entre le monde des humains et celui des esprits, entre le visible et l’invisible ». De ce fait, trouver un moyen de se mettre en relation avec l’univers invisible est une préoccupation constante de l’homme africain du moment où ce dernier éprouve le sentiment de quelque chose d’autre qu’il ne peut maîtriser, quelque chose de métaphysique et de surnaturel qui se révèle comme mystérieux, à la fois attirant et éffrayant c’est-à-dire en définitive quelque chose de puissant qui s’impose à travers le fait culturel et traditionnel.
C’est se souci de communication entre ces deux mondes que sont le visible et l’invisible, entre le monde des vivants et le monde des esprits qui s’observe autour d’une personne décédée dans les sociétés africaines et surtout béninoises. En effet, dans la plupart des sociétés béninoises, la question de la mort n’est aucunement négligée. La mort est considérée, avant tout, comme le départ du souffle du corps en tant qu’esprit. Pour certains, le départ ou la sortie de ce souffle ne veut pas signifier la mort de la personne mais plutôt son arrivée dans un autre monde sous une autre forme. Les Ifa du pays Sabe vont par exemple dire, lorsque le roi ou le prince meurt, qu’il est allé à la douche. Chez les Fon d’Abomey, on dira qu’il est allé à Allada et pour les chrétiens, un fidèle mort s’est endormi.
C’est dans le but de maintenir cette relation de communication entre les vivants et les morts que sont usitées ces différentes expressions. Et c’est toujours dans ce sens que vont Bamunoba & Adoukonou (1979) en écrivant que la mort « rompt le rythme de la vie, mais sans y mettre fin. Le disparu n’est pas vraiment mort, on peut communiquer avec lui, l’inviter à revenir et l’attirer dans le cercle des vivants ».
De nos jours, le paradoxe est qu’au-delà d’être véritablement un sujet de deuil, la mort d’une personne semble mettre en scène des démonstrations de puissance financière. En effet, autour d’un proche mort naissent des manifestations et cérémonies qui donnent l’impression non pas de douleur ressentie mais plutôt de célébration. Les dépenses foisonnent et sont assez exorbitantes à chaque décès et tout porte à croire, dans de telles conditions, que la mort vaut plus que la vie car il est commun par exemple de constater que le sujet a succombé à suite à une situation dont la solution nécessite seulement quelques milles francs et que pour son enterrement des dizaines de milliers de francs ont été engloutis.
Quelles raisons sous-tendent toutes ces « lourdes dépenses » et quels intérêts les gens ont-ils à faire face à des dépenses ostentatoires dans des cérémonies funéraires ?
Le présent travail essayera d’aborder et d’analyser ces questions dans une perspective sociale et humaine à travers des investigations menées dans la commune d’Abomey-calavi au Bénin en vue de dégager les fonctions socioculturelles de telles dépenses lors des funérailles.
I-Introduction à l’étude
Dans cette partie, nous traiterons des faits constatés sur le terrain ainsi que des hypothèses et objectifs du présent travail.
A- Constats
Tout homme est conscient que la mort est inévitable. Il ne saurait donc faire quoi que ce soit pour s’en dispenser, pour passer outre. C’est d’ailleurs le seul et dernier fléau impitoyable qui frappe et arrache à l’improviste homme ou femme, enfant ou adulte, jeune ou vieillard. Elle ne laisse aucun peuple indifférent et ainsi provoque des attitudes diverses basées sur les croyances ainsi que les us et coutumes de chaque société. Cette situation suscite des questions à tous les niveaux et partout. Au Bénin, une attention particulière est accordée à la mort. Il suffit, de nos jours, que quelqu’un décède pour que naisse automatiquement une sorte de solidarité presque inexistante le plus souvent. De nobles dispositions sont prises pour son enterrement. Diligence est faite lors des préparatifs qui commencent par le dépôt du corps à la morgue, l’annonce du décès par les canaux appropriés (radiodiffusion, télévision, bouche à oreille, crieur public, faire part, etc.), la réparation et l’embellissement de la maison mortuaire. A cette même occasion de décès, on assiste à diverses attitudes et comportements comme l’achat de pagne uniforme pour les membres de la famille en deuil, l’impression de maillots et éventails plastiques et de parapluies à l’effigie du défunt, l’électrification de la maison mortuaire par location ou achat de groupe électrogène (au village par exemple), la location des instruments de sonorisation, invitation de divers orchestres musicales ou de chorales, sans parler bien entendu des tonnes de casiers de boissons de toutes sortes et de nourritures à profusion pendant toute la durée des cérémonie qui est même parfois prolongée au-delà de la limite ordinaire. En outre, la qualité du cercueil et de la tombe sont de mise, appel est souvent fait aux photographes et divers reporters pour immortaliser le moment de deuil, le cortège de nombres de véhicules loués en file indienne pour faire l’éloge du disparu.
Tout cet étalage nécessite à coup sûr, beaucoup de moyens financiers. Il est des gens, membres de la famille, qui d’ordinaire mangent à peine à leur faim dans leur foyer. Mais, chose surprenante, ils courent s’endetter pour enterrer leur cher regretté. Des membres de la famille qui étaient incapables de faire face à l’achat des médicaments inscrits sur les ordonnances médicales prescrites au décidé lorsqu’il était malade sont les premiers à cotiser et du coup le million est rapidement mobilisé et les faire-part apprêtés. Ce qui étonne encore est que cette organisation gigantesque des cérémonies a l’implication, l’adhésion et la bénédiction de tous. Pauvres et riches sont conduits par le même train des funérailles modernes. Il est donc plus facile de comprendre l’étrangeté de la situation telle que constatée par Capo-Chichi (2005) qui affirmait : «Les funérailles en Afrique donnent lieu à de biens curieux phénomènes. Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, le continent semble perdre progressivement le sens des proportions dès lors qu’il s’agit de porter en terre un être décédé, tout et le contraire de tout se voit ». il est alors permis de se demander si on a besoin d’une tenue spéciale, d’un cortège de véhicules, de caméra et d’appareils photo, de manger et de boire lors et après l’inhumation d’un être cher ? A-t-on besoin de dépenser des centaines et des milliers de francs avant d’enterrer un mort ? Il s’agit là des faits qui s’observent un peu partout au Bénin et particulièrement dans la commune d’Abomey-Calavi où beaucoup vendent même des parcelles et autre propriétés privées pour ensevelir un mort.
Partant de là, et si la situation devait continuer ainsi, quels seraient les fondements sociaux et culturels de ces dépenses exorbitantes engagées par les hommes lors des funérailles, A quoi se ramène cette attitude vis-à-vis du défunt ? Autrement dit, y a-t-il des raisons sociales et culturelles qui justifient cette si grande importance que l’homme accorde à la mort,
B- Hypothèses et Objectifs
Dans cette partie, il s’agit pour nous de présenter les hypothèses et les objectifs qui sous-tendent la présente recherche.
1- Hypothèses
Notre travail est basé sur les hypothèses suivantes :
-les gens acceptent de faire face aux dépenses qu’exigent les cérémonies funéraires dans le but de ne pas être la risée de leur entourage et pour conserver leur statut social.
-les dépenses exorbitantes qu’impliquent les cérémonies funéraires ont pour base l’exhibition de soi i.e. le désir de paraître.
-l’incapacité d’un membre de la famille éplorée à mobiliser assez de ressources financières pour bien enterrer un mort est synonyme de honte à sa famille.
-la peur et la crainte des ancêtres et des dieux tutélaires obligent à leur donner satisfaction en engageant tous les frais que les funérailles peuvent exiger.
2- Objectifs
L’objectif principal de la présente étude est de dégager les raisons sociales et culturelles liées aux folles dépenses engagées par les gens lors des cérémonies funéraires. Il s’agit spécifiquement de :
-identifier les déterminants sociaux et culturels qui sous-tendent les « grosses dépenses » effectuées lors des funérailles.
-chercher à savoir si les dépenses engagées pour les cérémonies funéraires constituent un devoir obligatoire pour l’homme ou si elles sont facultatives.
-amener les familles à se mobiliser beaucoup plus pour l’entretien de la vie.
II- Revue de Littérature
La nature de la mort et ses manifestations cérémonielles ont fait l’objet de nombreuses réflexions philosophiques et socioanthropologiques. En effet, Katchon (1989) a étudié d’abord les causes de la mort parmi lesquelles nous avons la vieillesse, la malédiction, la transgression des interdits, la sorcellerie, les mauvaises habitudes alimentaires, etc. Ensuite, la question de la gestion pratique de la mort selon les types de mort (naufragé, accidenté, foudroyé, etc.) et des événements cérémoniels relatifs ont été aussi abordés.Une analyse des veillées funèbres, des rites sacrificiels et du deuil comme étapes articulatoires des funérailles a été faite en milieu Nago de Bantè. D’autres comme Kouassi (1991) ont abondé dans le même sens en mesurant la portée socio-rurale des rites funéraires chez les Xwla du Sud-Bénin. Plus proche des Mahi, Kanhonou (1987) a étudié le fondement sociologique des cérémonies dites « axijêkpé » à Savalou. De toutes ces études, il convient de tirer comme conclusion qu’elles ont tous souligné les caractéres paupérisant, ruineux, ostentatoire et exhibitionniste du phénomène.
Il est donc facile de remarquer qu’une approche générale du phénomène a été faite par beaucoup de chercheurs (Ziegler (1975), Bamunoba & Adoukonou (1979), Kotche (1986), Adokou (1983)). Ils ont tous eu à dénoncer les dépenses pompeuses à caractère ostentatoire, souvent engagés par les acteurs sociaux dans un contexte difficile et qui de ce fait influent grandement sur l’économie nationale déjà mise à mal par ses maux internes auxquels s’ajoutent les exigences actuels.
Pour Thomas (1985, 1986) et Adoukonou (1979), les cérémonies funéraires ont une grande importance chez les Africains. Elles sont véritablement intégrées à la vie sociale des groupes et collectivités. Le culte des ‘’Assins’’ dans le sud-Bénin en est un exemple.
Abordant la question de l’ «ancêtrisme », les deux chercheurs ci-devant cités ont aussi analysé les rites funéraires et les secondes funérailles dans une perspective multifonctionnelle sur le plan des relations entre les vivants et les morts. Ces rites engendrent des conséquences dont notamment des dépenses lourdes et inconsidérées qui font réfléchir certains sur la nature actuelle du deuil dans nos milieux. Capo-chichi (2005), l’un d’eux, s’étonne des moyens financiers très élevés et matériels qu’on met en place pour inhumer un mort. Le phénomène des dépenses exagérées à l’occasion d’un décès est devenue une compétition à l’ostentation ; l’émotion a laissé place aux billets de banque donnés surtout pour qu’on les voie et qu’on dise d’une famille qu’elle est capable. Le même constat a aussi été faite par de SOUZA (1980) mais qui a plutôt essayé de déterminer leurs raisons d’être.
III- Méthodologie
La commune d’Abomey-Calavi est une région située dans la partie méridionale du Bénin et plus précisément dans le département de l’Atlantique. Elle compte neuf (09) arrondissements que sont Abomey-calavi, Akassato, Glo-Djigbé, godomey, Hêvié, Kpanroun, Ouèdo, Togba et Zinvié. Elle est limitée au Nord par la Commune d’Allada, au Sud par l’Océan atlantique, à l’Ouest par les communes de Tori-bossito et de Ouidah et à l’Est par les communes de Cotonou et de Sô-Ava. Les principales langues qui y sont parlées sont le Fon, le Goun et le Adja.
Cette commune compte trois cent sept mille cent quarante-cinq (307 145) habitants (RGPH 2002, INSAE) soit une densité de 571 habitants aux Km2 sur une superficie de 539 Km2. Sa position géographique lui confère un climat subéquatorial marqué par l’alternance de quatre saisons : deux saisons de pluies et deux saisons sèches. Cette commune regroupe de nos jours beaucoup d’étrangers à cause de sa position de périphérie à la ville de Cotonou, capitale économique du Bénin. Elle est une ville-dortoir pour ces derniers. Cette commune est majoritairement dominée par les Vodun tels que le Lègba, le Kinnnèssi, le hêviosso et le Dovö. Les chrétiens, les musulmans et les autres confessions religieuses s’y retrouvent aussi. La plupart des habitants sont des intellectuels, des artisans et des cultivateurs car la principale activité reste l’agriculture suivie par la pêche, le transport et le commerce.
Le travail de terrain a été mené auprès des individus jeunes comme adultes qui accordent une importance certaines aux dépenses élevées engagées lors des funérailles et aussi auprès de ceux qui détestent ce phénomène. En l’occurrence, les autorités familiales, claniques, les dignitaires religieux, les notables et les spécialistes des funérailles, morguiers, chefs d’orchestre et autres ont été impliqués pour un bon traitement du sujet.
Outre la revue de littérature et vue la nature du thème, des entretiens semi directifs ont eu lieu avec des personnes ressources ci-devant citées qui ont surtout une certaine connaissance du phénomène étudié. Ces entretiens ont été effectués sur une période de 60 jours. Ils ont concernés au total 55 personnes choisies en tenant compte du fait qu’il doit y avoir plus d’autochtones que d’étrangers. Malgré les difficultés de tous ordres (déplacement, rencontres des personnes, analphabétisme, procédures pour la recherche documentaires, etc.), ceci nous a permis de savoir comment les funérailles étaient organisées autrefois, leurs aspects ostentatoires aujourd’hui, et les éventuelles pistes de solutions à explorer. Il va sans dire alors qu’ils ont été d’une utilité très indispensable dans l’accomplissement du présent travail.
IV-Présentation et Analyse des Résultats
Ici, nous présenterons d’abord les résultats issus des travaux de terrain et ensuite nous en ferons l’analyse.
A- Présentation des résultats
1- Les funérailles en période pré-coloniale
Avant le contact avec l’Occident par le biais de la colonisation, l’africain et surtout le Béninois enterrait ses morts avec une simplicité empreinte de tristesse douloureuse. Cela cadrait parfaitement avec son désir de demeurer en harmonie avec la nature dont il utilisait les éléments à cet effet. Les personnes enquêtées ont presque toutes tenu le même langage par rapport à la manière dont les cérémonies funèbres étaient organisées surtout lors de la période pré-coloniale.En effet, lorsqu’un décès survient le matin par exemple, l’enterrement doit se faire le soir. Si c’est le soir qu’il est constaté, on procède aux obsèques au plus tard le lendemain dans la matinée après avoir informé dans les heures suivantes les proches parents du défunt qui, généralement, habitaient le même village. Les funérailles se déroulaient donc dans une profonde religiosité et il n’était question d’aucune dépense extraordinaire. Dans cette période, le décès était un événement malheureux que tous ressentaient. Le sens du deuil qui a frappé est si profond qu’on ne faisait même pas la cuisine pendant plusieurs jours dans la maison mortuaire. Les enfants surtout les garçons de la famille n’avaient nullement le droit de manger et devaient rester à jeun pendant au moins 2 à trois jours. Quant aux femmes et filles de la famille éplorée, elles ne doivent pas faire de toilette. Les sympathisants de la famille se font spontanément le devoir d’apporter à manger aux éplorés durant ces jours là en signe de solidarité. L’enterrement était exécuté le plus rapidement possible puis étaient programmé les anniversaires funèbres sur une période de deux ou trois mois en attendant la moisson.
Il est donc clair qu’on n’avait nullement recours à la morgue pour une conservation du corps sur une certaine durée ou une autre, ni à un cercueil pour le contenir, ni à des pagnes et autres objets luxueux pour le contenir. Au contraire, on se servait du pétrole, de cauris moulu, ou du pétrole mélangé à de l’alcool original préparé à base du palmier qu’on verse dans l’organisme du défunt par la bouche. Cette préparation servait uniquement dans les cas où il était nécessaire de conserver le cas sur une durée maximale de 72 heures. En outre, on se contentait de creuser l’ «oli », un trou circulaire à l’intérieur duquel on réalise deux autres creux horizontalement selon la longueur du corps, dans la concession avec les moyens de bord. C’est là dedans qu’on déposait le mort enroulé dans du tissu blanc, du « Dèvö » et dans des branchages constituées de feuilles de palmier et d’autres arbres et feuilles liturgiques évoqués dans les langues vernaculaires. La religion dominante de temps étant l’animisme, aucune messe d’aucune sorte n’était dite après l’enterrement. Les sacrifices dédiés aux ancêtres et à la mémoire du mort dans le cadre de ces obsèques revêtaient un caractère très ordinaire. Ils n’étaient pas ostentatoires du tout.
En ce qui concerne les funérailles postérieures à l’inhumation et les autres cérémonies qui y sont liés dans leur aspect festif, les produits utilisés sont issus de la production locale et familiale de vivres. La boisson et les repas indiqués par la tradition locale se sont révélé être la boisson locale (le Sodabi), le haricot cuit au feu (abobo mangé avec de l’huile rouge et du gari), etc. Ce sont les mets autour desquels les membres de la famille se retrouvaient. Le petit élevage et la chasse fournissaient le gibier nécessaire et la volaille. On égorgeait quelques volailles, des caprins ou parfois des bovins selon que le statut du disparu l’exige ou le recommande. Quand à l’invitation de groupes musicaux pour les manifestations folkloriques, elle se faisait sans aucune incidence financière, les parents alliés et amis étant souvent les membres de ces groupes. C’étaient donc des occasions de retrouvailles empreintes de toute la gravité nécessaire dont on profitait aussi pour régler les problèmes des enfants et/ou de la femme du défunt ainsi que d’éventuels conflits antérieurs.
2-les funérailles aujourd’hui
Aujourd’hui, dans la commune d’Abomey-Calavi, on assiste à une modification voire même à un changement radical des attitudes et comportements qui avaient cours autrefois lors des funérailles. De nouvelles exigences avaient commencé à nécessiter un certain nombre de dépenses qui n’étaient nullement faites auparavant. A la mort d’une personne, on court d’abord et avant tout le déposer à la morgue. Ensuite, on organise un conseil de famille au cours duquel des décisions sont prises concernant le montant des cotisations individuelles, le tissu à choisir, l’impression et la distribution des faire part, le paiement des frais de diffusion radiophonique et télévisuelles de l’annonce nécrologique, les dépenses liées à l’achat de vivres (riz surtout, maïs, etc), de kilos de produits congelés et d’une grande diversité de boissons. Chacun à son niveau remue ciel et terre pour réunir le montant de sa participation et un petit pécule pour ses propres projets de réjouissance. Il faut acheter et coudre obligatoirement des pièces de tissu uniforme en mémoire du mort, organiser des séances de réception à la fin des messes et veillées de prières anormalement longues et surtout après l’inhumation au cours desquelles on devait boire et manger.
Si on en est arrivé à de telles manifestations lors des funérailles aujourd’hui à Abomey-calavi, c’est à cause, entre autres choses, de l’avènement du christianisme. En effet, les chrétiens qui n’acceptent plus prendre part aux anniversaires funèbres prennent tout leur temps, une fois la dépouille entreposée à la morgue pendant un certain temps, pour accomplir les funérailles immédiates une fois pour de bon. Cela donc, comme l’ont reconnu bon nombre d’enquêtés, bouleversé l’ordre des choses.
En outre, le souci de l’homme de vivre au rythme de son époque le conduit à poser des actes ayant des conséquences inattendues surtout dans le domaine des cérémonies liées aux funérailles. En effet, l’ambition de beaucoup de jeunes adultes lettrés est d’adapter les funérailles aux réalités des temps modernes. Ceci donne lieu à des démonstrations de gloire qui ont dénaturé la valeur sacrée des pratiques coutumières. Et face aux apports du modernisme, des objets et intrants étrangers ont été introduits dans l’organisation des funérailles. Ainsi, les funérailles ont perdu de leur authenticité. Il s’agit aujourd’hui, pour les jeunes, d’adopter de nouvelles valeurs et de les appliquer aux vieilles traditions en vue de les moderniser. C’est ce qui entraine à de grosses dépenses dont l’ampleur va croissant. Par exemple, les boissons locales cèdent de plus en plus le pas aux liqueurs Made in France et Made in England ; le cercueil remplace la natte ou le tissu et les branchages précédemment utilisés dans de telles situations. Aux repas traditionnels locaux se substituent d’autres mets variés et supposés comme étant beaucoup plus en adéquation avec l’époque et l’environnement. C’est à l’étalage de tout cela qu’on reconnait et qu’on mesure la force de frappe et la capacité d’action de la famille ou de la personne ayant en charge l’organisation des cérémonies.
Certains de nos interlocuteurs rencontrés sur le terrain sont allé même jusqu’à nous dire que les procédures traditionnelles de funérailles sont « dépassées » et qu’il faudrait les « actualiser ». C’est une certaine évolution dans ce sens qui explique que les cérémonies mortuaires d’aujourd’hui deviennent des occasions de dépense de grosses sommes d’argent. C’est aussi dans ce sens que va Dumont (1973) lorsqu’il écrit que les mariages et surtout les «funérailles engloutissent des sommes considérables perdues pour l’épargne et les investissements surtout au Sud-Dahomey». Suite à un décès, l’émotion et la compassion des temps anciens ont fait place aux billets de banque donnés et dépensés pour le plaisir de paraître et de se montrer capable.
3- Les Justifications socioéconomiques et culturelles des funérailles dispendieuses
Dans cette partie, il est question essentiellement d’exposer les raisons socioéconomiques et celles culturelles qui justifient les moyens financiers énormes engagés lors des funérailles aujourd’hui.
- Les raisons socioéconomiques
Aujourd’hui, force est de constater que les dépenses dans les funérailles sont sous tendues par divers facteurs. L’un de ceux-ci est la recherche de la gloire sociale. En effet, les gens croient qu’il faut beaucoup dépenser pour bien enterrer son défunt sinon on est sujet à critique et on devient la risée de tout le monde. L’individu défaillant doit subir à chaque fois des injures pour son peu de dépenses et on va même jusqu’à lui dire qu’il a enterré son parent comme un vulgaire animal. Pour éviter tout ceci, on peut et doit même s’endetter pour le faire.
Dans le cas du décès d’un membre de la belle-famille, le mari se voit mettre fortement la pression par sa femme pour éviter de faire honte à cette dernière même si celui-ci ne s’attendait nullement à cela et même si sa femme sait pertinemment qu’une telle dépense mettrait en réelle difficulté la bonne marche de son ménage. Témoin ces paroles que nous avons eu, à plusieurs reprises à entendre au cours du travail de terrain : «en tout cas, ce n’est pas mon affaire. Si cela n’est point possible il faudra qu’il s’endette hein. Tout ce qu’il peut faire pour m’éviter cette honte dans ma famille, il n’a qu’à le faire».
Le phénomène est même devenu une compétition où l’on veut se comparer à l’autre en dépensant plus. Certaines personnes disent même qu’elles ne peuvent pas faire moins que les autres lors même qu’ils n’ont pas les mêmes possibilités financières. A calavi, les gens n’ont pas peur de vendre des parcelles ou d’hypothéquer d’autres biens pour mobiliser les ressources financières nécessaires à l’organisation des cérémonies funéraires, quitte à souffrir longuement après. D’autres intègrent des groupes d’épargne appelés « Tchio gbê ». C’est un groupe de soutien dont les membres ne disposent des sous que lorsqu’ils sont éplorés. Quand l’un des membres est éploré, il ramasse les sous ; ce qui lui permet de s’en sortir face aux difficultés financières éventuelles liées à l’organisation tambour battant des cérémonies. On engage également ces dépenses dans l’espoir qu’on a à gagner beaucoup d’argent à l’issue des funérailles suite aux enveloppes offertes par les amis et autres invités. Le « Zindo » aussi pousse les gens à engager ces dépenses sans crainte. Car ils espèrent les recouvrer au moment du Zindo, moment où un parent de l’éploré se lèvera en premier lieu pour le soutenir et le consoler avec une somme considérable. Il sera souvent suivi dans ce geste par les amis et invités avec la pluie des billets de banque.
Les dépenses varient aussi en volume selon la classe sociale du défunt ; Dans le cas des personnalités du genre Directeurs, députés ou ministres, on ne s’amuse pas avec le corps en dépensant moins pour l’enterrer. On ne se prive pas non plus de faire couler des billets de banque derrière un mort qui, de son vivant, n’a peut-être pas négligé ses enfants qui se sentent dès lors obliger d’honorer leur parent en l’enterrant du fait de son statut d’ « illustre disparu ». Certains jeunes enquêtés sont même allé jusqu’à nous dire que les funérailles constituent pour eux des « occasions dont on profite pour bien manger ». Les funérailles sont donc devenues une sorte de compétition ouverte et c’est donc à qui en fera le plus. Cependant, toutes ces raisons sociales ne masquent nullement les motifs culturels de cette situation.
- Les raisons culturelles
Dans nos cultures, les cérémonies funéraires sont instituées par les ancêtres. Elles sont exigées de tout individu qui a le devoir de les accomplir pour son défunt. Elles sont obligatoires pour que ce dernier puisse intégrer véritablement le royaume des « akota » i.e. le royaume des ancêtres. Tout individu qui les néglige voit la sorcellerie ou tout au moins l’esprit du défunt à ses trousses. Celui-ci le privera de la paix et de la sérénité sur terre. Ce sont, selon de Souza (1980) ces cérémonies funéraires qui constituent « le passeport nécessaire pour l’au-delà où la plénitude du bonheur n’est atteinte que grâce à la communauté des ancêtres ». Il est donc clair que tant que les différentes phases des funérailles ne sont pas finies, il n’y a pas de repos pour le défunt et partant pour les vivants car si le défunt ne peut rien faire pour lui-même afin de faciliter l’intégration dans ce monde, il peut quand même beaucoup influencer en bien ou en mal les vivants. Ses actes sont souvent des rêves bizarres et/ou agités et tourmentés, des faits et événements inexplicables subis par les membres de son « hinnu ». Is n’auront de paix et de bonheur que lorsque toutes les cérémonies auront été accomplies.
Autrefois, elles étaient symboliques. Mais, aujourd’hui, du fait du modernisme et des moyens financiers, les dépenses constituent l’une des phases s’ajoutant aux différents rituels de ces cérémonies qui permettent au défunt d’intégrer la terre des ancêtres. Ces cérémonies funèbres ont donc pour but de procurer du soulagement à l’âme de son défunt dans les nécessités matérielles de l’autre monde, de la rendre digne de partager une vie commune et heureuse avec ses aïeux. Le Béninois en général et le natif de Calavi en particulier y attache une si grande importance qu’il établit d’une manière péremptoire sa croyance en la survie de l’âme. Il se trouve alors dans la triste obligation de beaucoup investir pour enterrer un mort. Certains ont même dit que cette pratique relève de l’établissement d’une alliance familiale avec les ancêtres.

4- Impacts socio économiques et culturels des funérailles dispendieuses
Les cérémonies ruineuses dans les funérailles laissent des retombées négatives sur la vie des familles, sur l’économie et sur la culture des collectivités sociales.
Sur le plan social, ces funérailles occasionnent la dissociation voire la dislocation des familles notamment le divorce du fait de l’éventuelle incapacité du mari à satisfaire les attentes de son épouse. En effet, ce sont les épouses qui n’ont pas obtenu entière satisfaction des prestations de leur maris lors des cérémonies qui estiment normal et légitime de se séparer de ces derniers plutôt que d’avoir à essuyer et/ou à supporter la honte des autres en continuant à vivre sous le toit conjugal. L’esprit de compétition qui est mis en jeu à travers ces cérémonies entraine la haine, l’envie, le mécontentement, le mépris et la jalousie entre les acteurs sociaux concernés. L’un s’affirme plus fort que l’autre et le qualifie alors d’incapable.
-sur le plan économique, le gaspillage effectué çà et là, l’aisance matérielle affichée constituent en fait d’énormes pertes réduisant considérablement les possibilités d’épargne. Certaines familles des plus modestes vivent très difficilement au lendemain des funérailles et se trouvent obligées de solliciter des prêts ou des facilités d’achat de vivres à crédit chez les voisins pour couvrir les charges journalières. La liquidation des biens, les hypothèques, prêts sur gage et les emprunts effectués au cours des cérémonies appauvrissent les familles qui sont de ce fait obligé de contracter de nouvelles dettes en vue de combler les déficits antérieurs. Ceci les amène à tourner en rond dans la spirale de la pauvreté sans trouver d’issue. Confrontés à de désagréables difficultés financières et nutritionnelles, certains individus dés enchantés quittent leur milieu habituel et émigrent ou parfois même s’expatrient pour aller grossir les rangs déjà trop serrés des citadins. De ce fait, on assiste à l’explosion des taux de délinquance et de criminalité en milieu urbain. D’autres et surtout les jeunes filles ne cessent d’accumuler des dettes et aggravent par conséquent leur situation ; ce qui fait que un nombre sans cesse grandissant d’entre elles se livrent à la dépravation et à la débauche. Il est donc évident que toutes ces déviations économiques observées lors des funérailles contrarient et compromettent l’épargne. Elles constituent ainsi une entrave au développement national.
Considérant les nouvelles « exigences » des funérailles aujourd’hui, il est difficile d’affirmer qu’elles contribuent au développement culturel de notre pays et surtout de la commune car l’esprit qui guidait et justifiait ces actes constituant une identité culturelle est de plus en plus méconnu et bafoué par le souci de paraître, de s’exhiber et de faire une compétition. Cela conduit les acteurs à une déculturation au profit d’une acculturation aliénante et dépersonnalisante. La culture autochtone est dominée par les éléments de la culture occidentale étrangère qui l’emporte.
B- Analyses des résultats
Dans les sociétés béninoises comme dans la commune d’Abomey-calavi, les funérailles en période précoloniale étaient symboliques. Il n’y avait aucune exagération et la cérémonie était empreinte de toute l’émotion et la solennité nécessaire. Mais suite au contact de nos sociétés traditionnelles avec l’Occident et partant de l’évolution générale de leur dynamique sociale influencée par le modernisme, ces pratiques ont subi des transformations négatives de par leur aspect dispendieux d’où l’expression de « funérailles dispendieuses », de « cérémonies ruineuses ».
Nos ancêtres avaient institué les funérailles afin qu’elles servent de pont de passage aux morts de ce monde vers l’autre. Elles n’avaient rien d’une pratique ruineuse dans la tradition. Elles étaient en réalité des éléments du culte religieux qu’accomplissaient nos sociétés traditionnelles en mémoire de leurs défunts. Du fait de leur caractère sacré, le respect strict de ce que demande la tradition rendait ces cérémonies exemptes de lourdes dépenses. Elles constituaient même des occasions intéressantes à plus d’un titre. En effet, les funérailles permettaient autrefois d’harmoniser les relations parento-claniques et la solidarité entre les divinités et les hommes. Les joies des retrouvailles, surtout en cas de funérailles d’ «un bon mort » i.e. une mort non provoquée par accident, le tonnerre, le naufrage, la noyade, la mort précoce, aboutissaient au règlement pacifique des litiges en instance. En un certain sens, la disparition d’un membre du groupe participait davantage à l’instauration et/ou au renforcement de la solidarité agissante entre les vivants.
Aujourd’hui, ce n’est pas vraiment ce que nous voyons. Au contraire, nous assistons le plus souvent à des discussions et à des conflits. La solidarité spontanée affichée aujourd’hui est mue trop souvent par le souci des sommes énormes à réunir pour une organisation grandiose des obsèques du défunt. Or, à peine le disparu était nourri et habillé convenablement de son vivant par ses proches empressés de cotiser pour l’enterrer. Loin d’être une solidarité, nous y trouvons la marque profonde d’une vraie compétition à l’ostentation puisque c’est le moment idéal pour démontrer sa force financière par l’abattage de bœufs, de moutons et d’une kyrielle de volaille, l’achat de produits congelés (poissons de mer, ailerons et autres poulets morgues), la préparation de divers mets, l’achat et la couture des tenues de choix à coût élévé. La mort d’un proche est devenue une occasion de mangeaille et démonstration de force pour la gloire des vivants. N’est ce pas là un péché ? Et même si de son vivant, le défunt était dans des conditions de vie convenables, serait-ce une raison de se livrer et de livrer ses biens matériels et financiers à du gaspillage alors que ceux-ci pourraient être utilisés aux fins d’assurer la formation et l’émergence des autres parents, enfants et amis du défunt ?
Nous ferions mieux de procéder beaucoup plus à l’entretien de la vie plutôt qu’à celui de la mort. En fait, ce sont les rituels liés aux funérailles qui sont obligatoires. Mais pour les exécuter, les les ancêtres n’exigent pas des vivants aucune de ces dépenses trop élevées. Ce sont les hommes qui, sous l’effet du modernisme, se lance dans des dépenses pompeuses à caractère ostentatoire dans l’accomplissement des cérémonies funéraires. A partir de là, on comprend mieux le fait que du symbolisme, nous soyons passé à un véritable matérialisme ambiant caractérisé par la transformation des funérailles en une déferlante des occasions d’ostentation et d’exhibitionnisme.
En fait, c’est pour éviter les critiques, les insultes et les quolibets tenaces et vivaces de ses proches parents des autres que l’homme de Calavi se trouve dans l’obligation de s’endetter, de se livrer à des emprunts et même de vendre ses biens immobiliers pour enterrer un mort. Mais c’est surtout pour se faire remarquer et paraître comme un individu capable qu’il doit investir beaucoup de moyens financiers dans l’inhumation d’un mort pour montrer qu’il est capable. De plus, pour éviter la honte auprès de sa belle-famille surtout, le fils ou la fille de la commune d’Abomey-Calavi est tenu (e) d’organiser des manifestations dispendieuses lors des funérailles.
Ces funérailles aux lourdes dépenses semblent procurer à leurs organisateurs du plaisir et de satisfaction. Mais en fait, il s’agit de la gloriole à la place de la gloire tant recherchée par le fait que de telles cérémonies revêtent un caractère ostentatoire, paupérisant et ruineux. Il est vrai que dans cette situation de brassage d’une énorme masse d’argent, les bénéficiaires directs sont tous les acteurs du commerce qui se développe autour de la mort : vendeurs d’étoffe et de tissu, couturiers et autres tailleurs, vendeurs de cercueils, structures de location de chaises et de bâches, de plats et de fourchettes, de véhicules corbillard et de groupe électrogène, etc. De plus, il faut noter que les lieux de funérailles i.e. les endroits où l’on est en train de célébrer des funérailles sont devenus pour une jeunesse déboussolée des lieux d’exhibition et d’obscénité i.e. des défouloirs. Tout ceci compromet le développement du milieu.
On comprend mieux que ceux qui connaissent le vrai sens des traditions en la matière s’étouffent devant la minorité des quelques individus optant pour le modernisme « jusqu’au bout des ongles » ; ce sont eux qui trouvent que ce sont les cérémonies funéraires modernes avec leur cortège de dépenses qui ruinent parce qu’exigeant des dépenses à limite du possible. Nous ne refusons pas le progrès mais il serait plus intéressant d’adapter les cérémonies aux exigences de l’actualité en préservant leur authenticité qui n’exige rien d’extraordinaire et au lendemain desquels on ne déchante pas et n’est pas désenchanté.
De par leur conséquences néfastes sur la société, l’économie et la culture, le besoin égoïste et les pratiques liées aux dépenses funéraires excessives sont à décourager et proscrire si possible dans les sociétés béninoises surtout à Abomey-Calavi ou le phénomène s’amplifie.
V- Suggestions
En matière de changement social, il est difficile de trouver des solutions véritablement effectives. C’est ce qui explique que la plupart de nos enquêtés trouvent qu’il serait difficile de ramener les gens au bon sens. Ils proposent que ce l’Etat promulgue et diffuse une loi qui limite et/ou décourage le phénomène. A cela nous aimerions ajouter que :
- L’Etat béninois déclenche une lutte sans merci contre cet état de choses en prenant des mesures répressives amenant les gens à compter sur leurs propres forces et en les obligeant à réduire les dépenses.
- Un code funéraire adéquat soit élaboré qui ramène les rites funéraires à leur état symbolique mais en les adaptant aux réalités actuelles. On pourrait par exemple y prescrire une réduction des dépenses, un respect strict du caractère simpliste du cérémonial traditionnel des funérailles, suggérer aux citoyens béninois de procéder à l’inhumation du corps dans les meilleurs délais prescrits et le plus tôt possible comme le font les musulmans, raccourcir la durée de conservation du corps à la morgue. L’acquisition de cercueils de luxe pourra y être découragée. Vu les dépenses supplémentaires importantes et répétées occasionnées par les achats réguliers d’uniforme, il peut être proposé aux populations de se vêtir de façon ordinaire ou à la rigueur de porter des tenues de deuil par exemple des vêtements de couleur noire par exemple.
- Il serait bon aussi que les autorités politico-administratives et sociales, les décideurs à divers niveaux et les nantis se départissent un peu de leur attitude égoïste et exhibitionniste pour donner le bon exemple à la masse restante afin que la précarité de la situation économique actuelle aggravée par le gaspillage découlant des manifestations mondaines et dispendieuses des funérailles soit réduite.
- Si le code était élaboré et adopté, nous souhaiterions que particulièrement dans la commune d’Abomey-Calavi, les autorités locales en collaboration avec les responsables religieux à divers niveaux, les sages et autres notables soient mises à contribution pour souligner aux populations l’importance du respect de ces ordonnances.
CONCLUSION
L’ère précoloniale était caractérisée par des cérémonies et des obsèques funéraires empreintes de simplicité douloureuse, de gravité et de retenue. Le symbolisme primait sur l’exhibitionnisme matériel. Mais, de nos jours, le caractère symbolique des funérailles a laissé place au matérialisme et à l’ostentation, toutes choses dues au développement des technologies et du modernisme. Pour le Béninois en général et surtout pour les populations d’Abomey-calavi en particulier, la croyance en l’au-delà est toujours forte et vivace. Et seul l’accomplissement normal et heureux des funérailles des défunts de la famille peut procurer l’harmonie et l’équilibre nécessaire à un plein épanouissement.
Les funérailles dispendieuses sont entrées dans les mœurs et les habitudes, profondément ancrées dans les esprits. Les déviations observées dans l’exécution des funérailles de nos jours rendent compte elles –mêmes de leur caractère appauvrissant au triple plan social, économique et culturel : endettement infructueux, dissociation et dislocation familiale, déculturation.
Plutôt que de contribuer à relever le niveau de vie des populations et le partage des valeurs universelles africaines, les funérailles, sous leur forme exhibitionniste, sont devenues des facteurs de sous-développement. Les industries de la mort et autres entreprises mortuaires sont devenues très florissantes. Il y a de justes raisons de s’inquiéter que la tendance aux dépenses excessives lors des décès et cérémonies funéraires se poursuive et même se renforce en ce XXIe siècle, vu que ces entreprises innovent chaque jour dans le luxe et les somptuosités. Il faudra donc tenir compte de cette donne fondamentale et des résistances que ces entreprises et leurs initiateurs opposeront à toute tentative de limitation et/ou de réduction drastique des profits qu’ils réalisent actuellement au nom des idéaux du capitalisme sauvage.
D’un autre coté, il faudra progressivement supprimer le blocage psychologique omniprésent dans l’esprit du Béninois et qui le contraint à ne percevoir son salut que dans l’organisation de cérémonies funéraires grandioses. Une mentalité spirituelle et culturelle propice au développement sera ainsi appelé à naitre qui redonnera au sacré, au symbolisme et aux rites funéraires toute leur dimension sans qu’ils ne constituent de nouveaux facteurs d’appauvrissement.
Mais cette reconnaissance du culturel et du cultuel dans les rites funéraires ainsi que l’avènement d’une nouvelle mentalité de développement ne seront effectifs que lorsqu’une approche participative et global de tous les faits de la société aura été instaurée. Il est donc nécessaire à tous les acteurs sociaux de s’imprégner de la vie des masses populaires avant de chercher à réglementer et à vulgariser des ordonnances.
Si aujourd’hui les funérailles dispendieuses sont devenues un fait social contraignant auquel l’individu ne peut se dérober sans courir le risque d’être humilié et taxé de déviant et d’anachronique, si les parents, se référant au déploiement matériel auquel ils s’étaient livrés pour l’organisation des funérailles de leurs proches, exigent déjà à leurs enfants de s’apprêter à leur faire plus qu’ils n’en ont fait à leurs aïeux, on est droit de se demander avec inquiétude le type de funérailles auquel les béninois en général et surtout les populations d’Abomey-Calavi en particulier vont s’adonner les années à venir.
Références
1) ADOKOU, R (1983) Cérémonie et développement : contribution à une lutte contre le gaspillage (FLASH-UNB)
2) BAMUNOBA, Y K et ADOUKONOU, B (1979) La mort dans la vie africaine (Présence africaine, UNESCO)
3) CAPO-CHICHI, A B Les funérailles en Afrique www. osc.bj.refer.org/article [consulté le 07-04-2008]
4) DUMONT, R (1973) L’Afrique noire est mal partie (Paris : Seuil)
5) DOUMATEY, S (1988) Fondements socio-culturels des funérailles en milieu Mahi au Bénin (FLASH-UNB)
6) KANHONOU, L (1987) Fondements et portée sociologiques des funérailles « axijêkpé » en milieu Mahi de Savalou (FLASH-UNB)
7) KATCHON, M (1989) Anthropologie de la mort chez les Nago de Bantè (FLASH-UNB)
8) KOTCHE, A(1986) Approche sociologique de l’effet paupérisant des cérémonies en milieu Goun (FLASH-UNB)

The Impact of Seating Modes on EFL Students’ Participation In Spoken Classroom Activities In Beninese Secondary Schools: The Case Of beginners in Ceg Godomey

The Impact of Seating Modes on EFL Students’ Participation In Spoken Classroom Activities In Beninese Secondary Schools: The Case Of beginners in Ceg Godomey

1GNONLONFOUN, E.F.A.F. J.M.
1ARS/SAR [email protected]
To cite this article: GNONLONFOUN, E.F.A.F. J.M. (2008) The Impact of Seating Modes on EFL Students’ Participation In Spoken Classroom Activities In Beninese Secondary Schools: The Case Of beginners in Ceg Godomey. Available online at: http://benineflstudies.edublogs.org/

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Abstract
This study focuses especially on the impact of group seating on beginners’ participation in spoken activities in the EFL class. It has taken place in 4 beginner level classes. The total number of students involved is 200. I have used observations, interviews and questionnaires. For observations, I used a tick list to see which pupils participated. Two groups of five students selected randomly from the classes. The focus group interviews were chosen as research method because discussion groups are less informal and less intimidating than interviews. In addition, students’ express themselves freely and, as stated by Drever (2003), you can explain any ambiguities and correct any misunderstandings of your questions. Questionnaires were chosen because they are the easiest method to collect quantitative, statistical results (Cohen et al 2007). Questions were asked to allow for answers, especially for those not involved in the focus group. I have carried this activity out at the end of lessons without wasting teaching time. Questionnaires were administered to all 200 pupils. All of them completed them after the lesson with a cluster seating arrangement. Results indicate that group seating mode helps students improve significantly their speaking skills through the enhanced peer collaboration and interaction, all things they got from their oral participation to activities in groups. However, lack of teachers’ total control over the different groups emerged as the main limitation of this mode.

Mots clés: Group seating, increased oral participation, beginners, EFL, Benin.

INTRODUCTION
For a long time in Beninese secondary schools, attention has been focused, in the teaching and learning process, on individual study and evaluation, and on the teacher’s absolute control over the class. In this regard, the row seating mode has been used for a long time. As a result of this, teachers succeeded in getting their message across to learners of English. But the point is that the majority of those students, though they got interesting grades in the language, proved unable to use the language to perform everyday communication purposes because they were not accustomed to interaction and lifelike situations in the classroom.
To address this issue, the communicative language teaching approach has been introduced. This system induced changes in seating arrangements in the classroom. That is why now, apart from row seating, it is common to see students working in groups in the classroom. So, among the various seating modes, Groups or Group seating or Clusters, the focus of our study, were chosen and have been introduced in the classroom as an alternative very recently.
I then have chosen to investigate this topic which is “The Impact of Seating Modes on EFL students’ participation in Spoken Classroom activities in Beninese secondary schools: The Case of beginners in Ceg Godomey” because I believe that the implementation of group seating in EFL beginners’ classes affects those learners in various ways, and that this mode should, in our view, be promoted in the Beninese educational system since it not only participates to learners’ success in the language class and the language use but it also makes them qualified job seekers on the current highly competitive job market.

To carry out this research, my work is divided into five main chapters. The first one, the introduction to the study, deals with the goals of this study, followed by the rationale of the study and by its implications for teachers and learners, and the school community. The second one is nothing but the report–analysis of the reading materials related directly to the topic. Chapter three describes the data gathering methods used to reach the purpose of this work. Chapter four concerns the presentation of findings and the resulting analyses. Chapter five encloses recommendations and suggestions to the different actors. The conclusion ends this work.
I Introduction to the study
1-1- The purposes of the study
The main goal underlying this research is to study the impact of group seating or clusters on EFL beginners’ verbal participation in the EFL class activities to reinforce its necessity in our educational system as a whole. And to achieve this, two specific objectives are assigned i.e. to show students perceptions and appreciations on spoken activities carried out while seating in groups as well as to measure students’ participation and reactions in class discussion in a classroom environment where seats are in clusters.
1-2- The statement of the problem
The objectives being clearly set, I would like to recall the major events which have directed our choice of the topic. During my school years in the primary school, I used to seat in rows all the time and the teacher was the only one that directs classroom activities. Student Talking Time was little. And when it occurs, it was teacher-initiated and teacher-centred. In the secondary school, it was only in the seventh year (Terminale) that we did sit in groups in the classroom during a Biology course. This was profitable mainly because course materials and peer assistance were available.
The last event is a one-semester course I followed in a private institution in Cotonou. After completing the course, we took the final examination in groups . This was rather interesting because I had to cooperate and discuss each question before compromising on the final solution. And, through these discussions, we even found the best answers to harder questions we could have left as individuals. This was a true-to-life situation. In short, we got all the answers right for this test. I can infer from all these situations that Group seating is profitable to students as it enables them to speak the language and engage themselves in spoken activities.
1-3- The significance of the study
All these considerations have determined our choice of this topic which is significant in many regards .First, it shows the assistance and help among students as well as their higher participation rate to the classroom activities when they are in group seating situations. It also shows teachers that classroom control should not be their main goal in group seating situations. It is still significant since it shows that EFL beginners’ language skills and social skills are fostered in group seating situations. At last, this research is significant because it can pave the way for future large scale research in our both language and sciences.
II Review of Literature
2-1- Report of the literature
There is considerable research that discusses classroom layout, instructional areas, seating arrangements and participation.
Classroom Layout
There is no ideal classroom layout for all learning activities. Different arrangements are appropriate for different activities and one should not be restricted to one permanent layout. Nevertheless, most researchers agree that well arranged classrooms reflect many of the ideal attributes. Clearly defined spaces within the classroom that are used for different purposes ensure students to know how to behave in each of these areas (Quinn et al. 2000) and during different activities. For example, classrooms should be structured to contain a high traffic area around shared resources, such as work stations, and spaces for teacher-led instruction. There should also be areas for large and small group activities that set the stage for specific kinds of interactions between students and the teacher (Rinehart, 1991). Seating students in rows facilitates on task behavior and academic learning whereas more open arrangements, such as clusters or work stations, facilitate social exchanges (MacAulay, 1990). The learning environment should be designed in a way that limits student distractions and behavior problems (Bettenhausen, 1998). This can be done by keeping the classroom well organized and focusing on the attributes above.
Instructional Areas
In the EFL classroom, Teachers and students are most likely to be ready for study and demonstration. For group instruction, students should be arranged so they can all see and hear. Demonstrations and discussions are much more effective when students are comfortably seated with space for note-taking (Silvius & Curry, 1967). The same area is used for group instruction and consists of student desks and instructional materials.

Seating Arrangements
Room arrangement affects the learning process, student behavior, and student engagement. As one of the basic variables that can be altered in the classroom, it has been quite well researched and debated (Bonus & Riordan, 1998; Florman, 2003; Strong-Wilson & Ellis, 2007). Results of previous studies (Beresford, 2007; McCorskey & McVetta, 1978) show that an arrangement that is disagreeable to the student may erect a needless barrier, possibly one that will prevent learning. Students commonly associate sitting around tables with groupwork, a horseshoe arrangement with class discussion and rows with teacher delivery. They were disorientated when asked to discuss in rows or listen to a teacher when grouped around tables. Results also suggest that desk arrangement influences thinking, appropriate comments, and participation (Rosenfield, Lambert & Black, 1985) which in turn can have a positive effect on learning.
Seating arrangements are important classroom events because they have the potential to help prevent problem behaviors that decrease student attention and diminish available instructional time. It is then important to understand them because they can be used in different ways depending upon the classroom learning activities.

Participation
Participation is defined as the act of taking part in an activity or event (Oxford Advanced Learners’ Dictionary, 6th edition). In the language classroom, the good choice in seating arrangement leads to flexibility in terms of space something which do not follow traditional four classroom formula. This is of influence on students’ involvement, active involvement in activities especially oral ones.
2-2- Analysis of the report
Nowadays, classrooms have a more flexible configuration in which teachers have gained considerable control. The physical environment does in fact impact the behavior and engagement of students in classroom activities. This shows that the physical arrangement of a classroom is very important in the educational process. As we have seen, arranging the physical environment of the classroom is one way to improve the learning environment and to prevent problem behaviors before they occur. In the EFL class, it is appropriate to focus on two main layouts commonly present in classrooms. These layouts, row seating and cluster or group seating, include an area that is designated for purposes such as demonstration, instruction and work. It then appears that different arrangements dictate different behaviors. Students learn in diverse ways. That is why there is no perfect classroom design for all types of classroom activities.
Many studies have been completed on classroom arrangement and how these arrangements affect student behavior. However, no studies have linked the research to its impact on students’ oral participation in classroom activities. A study completed in this area would not be limited to the field of EFL education but could also be used for other disciplines because of similarities in the issues related to seating arrangement and its impact participation.
III Methods
It is worth mentioning, at the start, that our study has taken place in 4 beginner level classes. In each class, there is an average of 50 students. Thus, the total number of students involved is 50 * 4 which gives us 200 students. This research population can be divided in two different categories which are:
- level 1 beginners (6è): 2 classes of 50 students each corresponding to 100 students.
- level 2 beginners (5è): 2 classes of 50 students each corresponding to 100 students.
In this chapter, I have described the way I collected the data for my research work. For this purpose, I have used some instruments which have enabled us to obtain the useful and reliable information I needed. The instruments I used are observations, interviews and
questionnaires.
3-1- Class Observation
The class observations were carried out because this is a quick method of tallying who is
participating in class activities. Observations also offered the researcher the possibility of being assisted by another observer. These were carried out once in each of the classrooms involved in the study. The researcher used a tick list to see which pupils participated.
3-2- Interviews
Interviews were done with small groups. Two groups of five students each were formed with 6è students and the same numbers for 5è students totalizing 10 students for 6è and 10 for 5è. Students were selected randomly from the classes.
The focus group interviews were chosen as research method because discussion groups are less informal and less intimidating than interviews. In addition, students’ express themselves freely and, as stated by Drever (2003), you can explain any ambiguities and correct any misunderstandings of your questions.

3-3- Questionnaire
Questionnaires were chosen because they are the easiest method to collect quantitative, statistical results (Cohen et al 2007). Unlike interviews, it is possible, via questionnaires, to obtain data from a higher number of participants in a reduced amount of time. I have carried this activity out at the end of lessons without wasting teaching time.
Questionnaires were administered to all 200 pupils. All of them completed them after the lesson with a cluster seating arrangement. Questions were asked to allow for answers, especially for those not involved in the focus group.

IV The Findings of the Study
1- Results
At the level of class observations, results show that on the total of 200 students observed during classroom activities while seating in clusters, there are 180 students (90%) who participate while in rows, they were 80 (40%). These participations are by discussing in group activities, raising hands and by answering questions from the teacher.
Interviews are a more complex way to evaluate especially because learners are left to speak freely. The most frequent answers to the questions asked during the interview with students were for Question 1: Students’ answers and comments were: “I didn’t know where to seat”; “I couldn’t sit with my friends because I was late”; “I sat with a friend who helped me”; “I didn’t like it because of the noise”; “We could hide no more” and “I didn’t mind.”
For Question 2: Students’ answers and comments were: “For us to see each other and others in the class”; “because he wants to do group activities”; “so that we could help each other”; “So that we behave better”; “to avoid hiding and see everybody”. About Question 3, students’ answers and comments were: “It was very interesting as we helped each other”; “I understand more and answered some questions by the teacher”; “I took responsibilities in the group”; “I was happy to answer two of the teacher’s questions for the first time” and “I like it” and”You could even see people who were not used to speaking raise their hands.” As to Question 4, students’ preferences were mainly Groups or clusters (92% of students) and Rows by 100 (50% of students).
The results related to the questionnaire are as follow: For Questions 1 and 2 which deals with students’ perception, believes and appreciation, 70% found it Good, 25% average and 5% found it bad. But at the end of the first experience, 85% found it Good while it is average for 13% and bad for 02%. Question 3 is an open question on the effects of group seating on the students’ participation in class.
In question 4, at last, students are asked to rate their participation in lessons and class discussion activities carried out on the very day. Six different options were made available to students to express themselves. Their answers are for Option 1 (I never participate in any lesson): 00%; for Option 2 (I put my hand up less than usual): 00%; and for Option 3(I put my hand up the same as usual): 10%. For Option 4 (I put my hand up more than usual), Option 5 (I put my hand up a lot more than usual) and Option 6 (I had my hand up all the time), the answers were respectively 65%, 15% and 10%.
2- Analyses
It appears, from the results of the observations, that students’ participation is much more clearly noticeable when activities are done with them seating in groups or clusters. This is reinforced by the fact that there are more students who do not take part in any way to class discussion while seating in rows than while seating in clusters. Moreover, it was easier for the teacher to handle the class and get lessons through. It can then be inferred that a large student participation to classroom speaking activities occurs in clusters or group seating situations.
This trend was further confirmed by the findings derived from interviews. In effect, the analysis of the results from interviews demonstrate that a large number of students do prefer this seating mode for speaking activities in class though they were not eager to make the first experience. This was because they were, for a long time, accustomed to rows and individual work. Thus, many of them had prejudices about the new seating mode at its first implementation in class: reactions at this level ranged from indifference “I didn’t mind.” through discomfort “I didn’t like it because of the noise” up to a feeling of loss “I couldn’t sit with my friends because I was late”. In short, most of them were confused because they couldn’t explain to themselves this almost brutal changes in the way their seats were usually arranged as pointed out in comments like “ For us to see each other and others in the class”; “because he wants to do group activities”; “so that we could help each other”; “So that we behave better”; “to avoid hiding and see everybody” given as answers to question 3.
This is easily explained by the fact that students like any other people, are very often reluctant to modify or change their well-established habits. So resistance to change, indifference and lack of eagerness were the students’ first reactions in front of cluster seating when it was first established. However, they come up with these reactions and all these barriers have fallen down. Obvious advantages have been drawn from this arrangement as it helps them react effectively and efficiently in class. “I was happy to answer two questions for the first time”, as mentioned by one of the students involved in this study, is a very good illustration. Students are then conscious and aware of the benefits of clusters seating to them because this seating arrangement contributed greatly to peer assistance (“It was very interesting as we helped each other”; “I understand more and answered some questions by the teacher”); reduction of anxiety and shyness (“I could hide no more”); promotion of responsibility and leadership (“I took responsibilities in the group”); better understanding of lessons (“I was happy to answer two of the teacher’s questions for the first time”), and the reduction of disruptive behavior (“I like it.”, “You could even see people who were not used to speaking raise their hands.”).
In the questionnaire, the same trends that emerged from both previous research methods were reinforced. Actually, at the start, many students perceived group seating as a bad way of working inside classroom. But their opinion changed when they come to face the different effects this mode had on their oral engagement in class discussion as these extends from peer assistance up to increased participation in class spoken activities. These different participations were characterized in the questionnaire as being “Excellent” by most of respondents while a very few of them found it as of an average usefulness. Only a few of the respondents chose “bad”. This last figure suggests there may be above all some limitations to such a mode. But actually, the evident impacts of group seating on students participation in spoken activities are recognized truly by themselves because, when asked to rate their participation in classroom discussions on the very survey day, many of them answered they “I put my hand up more than usual” while some said “I put my hand up a lot more than usual” and other mentioned “ I had my hand up all the time”. All these reasons justify students’ preference of this seating mode over rows as shown in the data.
V Recommendations and Suggestions
1- Recommendations
- To The government
As lack of class is a recurrent issue in our educational system, some teachers are obliged to deliver their classes in extremely difficult if not impossible conditions. These ranged from open air, under trees up to students seating on the bare floor. The government should then take the necessary steps to build many large classrooms in schools so to reduce the number of students in each classroom. If the problem of overpopulated classroom is correctly addressed, the number of students in each group will be reduced. Having sixty or more students and less numerous tables and chairs in a narrow class makes it difficult for both teachers and students to work at ease and effectively. Germane to this, the rooms should be equipped appropriately with comfortable and sufficient furniture.
The government should provide schools with sufficient funds; see to motivate teachers by adding incentives, and take appropriate accompanying measures. At last, they should also organize national examinations with students seating in groups rather than as individuals because much of real life working situations require collaboration between individuals with different capacities.
- To School authorities
School authorities must try to give a positive image of them by supporting teachers whenever the need arises. All needed materials must be made available and an attentive ear must be turned to teachers’ difficulties. They must also see to make sure the rules and regulations of the school are strictly respected. They should be considered as examples for their workers through the love and devotion they show about their work. This earnestness can generate them esteem and respect from both teachers and students.
From another perspective, they should organize mock exams during which students will seat in groups. By so doing, they will reinforce teachers’ practices and lead to a better use and necessity of clusters in classes. While penalising where necessary, they should also prize deserving groups and teachers and thereby create a good condition for emulation.
2- Suggestions
- To Teachers
Teachers have to behave in ways that can be copied off by students. They should then know that the students are more motivated to speak and work when working in groups because of the competition atmosphere. Their interaction in these groups helps them master the English language and communicate efficiently. And this also is the teacher’s goal.
They should also know that group work raises some students’ interest in the language. They will then use it outside the classroom. This is highly important because the national environment is not truly supportive for English speaking.
At last, they should not always be like a “cop” and want to control everything but rather like a facilitator. They should trust their students to some extent. They should also test students in groups from time to time.
- To Students
Students, on their part, are suggested to look at English as a social course. Thus, they should engage effectively in group activities. This will help them acquire a certain sense of responsibility necessary today. They should more than ever help and cooperate with each other by using the English language and not native ones. Thus, they will get good grades and also be prepared for their future professional life. They need not hide or disrupt those engaged in ongoing speaking activities.

Conclusion
In this study, the focus was put on the impact of group seating on EFL beginner level learners.
Results indicate that this mode helps them improve significantly their speaking skills through the enhanced peer collaboration and interaction, all things they got from their oral participation to activities in groups. However, lack of teachers’ total control over the different groups emerged as the main limitation of this mode.

In this regard, appropriate recommendations and suggestions have been made respectively to the government, the school authorities and also to teachers and learners. I now hope that this work will, to some extent, contribute to the improvement of EFL instruction in my country Benin.

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